Depuis le début du confinement, beaucoup se sont laissés aller aux expériences capillaires, certains ont tout rasé, d'autres se sont colorés en blond, en bleu, en rose. Ça faisait quelque temps que je voulais voir à quoi je pourrais
ressembler avec des cheveux blonds, j'adore cette couleur de cheveux. A mon tour donc de me lancer et d'ouvrir le nouveau salon Panda Coiffure avec moi même pour premier client. Je ne suis pas à mon premier essai d'ailleurs, j'avais commencé à me couper les cheveux moi même quand j'étais un pauvre étudiant désœuvrée, pour un résultat certes pas parfait mais convenable malgré tout. Aussi, lorsque ma chevelure de mouton m'agace trop, il m'arrive de faire des défrisage moi même, il n'y a donc pas de raison que je n'arrive pas à faire une coloration tout seul !
J'ai le produit depuis deux jours en fait, mais il est conseillé d'attendre au moins deux jours après le dernier shampoing avant d'appliquer le produit pour qu'il y ait une couche de sebum sur le cuir chevelu pour le protéger. Quand j'avais fait mes courses, il m'avait fallu un bon quart d'heure d'hésitation devant le rayon pour décider quel produit choisir, je voudrais une couleur blonde mais pas blond poussin ni blond platine, un beau blond doré bien brillant.
Allez, c'est parti, je mélange les produits, j'applique sur ma crinière et j'attends trente minutes avant de rincer. Et le résultat est...
Assez différent de ce que j'espérais, plutôt qu'un blond doré, c'est davantage un blond cuivré, me voilà donc devenu un panda roux. J'aime bien quand même, mes cheveux sont brillants et plein de vitalité !
Pour ce soir, nous avons décidé de nous lancer dans une activité inédite : la dictée !
Il faut bien continuer à faire fonctionner ses neurones pour les entretenir. Retour donc sur les bancs de l'école pour deux épreuves.
On prépare sa feuille, on met son nom et sa classe dans la marge, on trace deux traits pour les appréciations du correcteur et c'est parti.
On prépare sa feuille, on met son nom et sa classe dans la marge, on trace deux traits pour les appréciations du correcteur et c'est parti.
Nous commençons par une première dictée pas trop difficile, "Le retour du Petit Nicolas", histoire de se remettre doucement dans la peau d'un élève de 3ème passant son brevet des collèges. Épreuve passée haut la main pour tout le monde, en particulier pour Rémi et moi qui obtenons fièrement la note de 19/20.
Cette dictée et également l'occasion de découvrir l'écriture de chacun, et c'est sans surprise que la mienne est vraiment la plus moche. Même en faisant des efforts, je n'ai jamais été capable d'écrire correctement, quand j'étais petit, mon père me disait pour me rassurer que, de toute façon, l'écriture c'était la sciences des ânes...
Pour la seconde épreuve nous haussons le niveau en passant à la dictée ECE de 2013, la dictée des écoles d'ingénieurs. On s'est dit que la dictée de Bernard Pivot serait probablement trop compliquée, je ne l'ai jamais faite mais je peux vous dire que celle là, elle était quand même bien gratinée ! Entre les mots que je n'ai jamais entendus, les mots composés, les verbes au passé simple, les pièges sur les accents, les doubles consonnes... et les douleurs au poignets ! Je n'avais pas autant écrit à la main depuis que je suis sorti de l'école !
La dictée ne fait même pas vingt lignes, mais elle a réussi à me faire bouillir le cerveau.
On passe à la correction, chacun corrige la dictée de son voisin, je me rassure en voyant que je ne suis pas le seul à avoir souffert. On compte 1 point en moins par faute, et on décide d'aller dans les négatifs. Les résultats tombent : -7/20, je fais moins le fier qu'à la première épreuve !
Nous pouvons féliciter Damien et Rémi qui obtiennent tous deux -5/20. Pour les départager, nous lançons les tirs au pénalty, et c'est Damien qui l'emporte en épelant correctement le mot "callipyge", mot utilisé pour qualifier une statue qui a de belles fesses, et par extension peut également désigner une femme aux formes plantureuses. Ça aura été l'occasion pour nous d'apprendre quelques mots et de redécouvrir les règles de grammaire et de conjugaison !
Si ça vous tente de la faire également, voici la vidéo de la dictée :
La dictée ne fait même pas vingt lignes, mais elle a réussi à me faire bouillir le cerveau.
On passe à la correction, chacun corrige la dictée de son voisin, je me rassure en voyant que je ne suis pas le seul à avoir souffert. On compte 1 point en moins par faute, et on décide d'aller dans les négatifs. Les résultats tombent : -7/20, je fais moins le fier qu'à la première épreuve !
Nous pouvons féliciter Damien et Rémi qui obtiennent tous deux -5/20. Pour les départager, nous lançons les tirs au pénalty, et c'est Damien qui l'emporte en épelant correctement le mot "callipyge", mot utilisé pour qualifier une statue qui a de belles fesses, et par extension peut également désigner une femme aux formes plantureuses. Ça aura été l'occasion pour nous d'apprendre quelques mots et de redécouvrir les règles de grammaire et de conjugaison !
Si ça vous tente de la faire également, voici la vidéo de la dictée :
Et voici la correction
De l’époque moyenâgeuse à l’ère du Roi-Soleil, des Lumières au belliqueux Napoléon, l’histoire française avait provoqué, dans d’autres contrées, des coups de foudre sociolinguistiques uniques. Ici, des bouquets de mots avaient batifolé, puis s’étaient immiscés comme des plants qui se seraient enracinés et auraient crû tels quels. Là, des pays s’étaient fait fort d’assaisonner leurs étymologies à la mode des lieux, cachet oblige !
Ainsi, dans les restaurants chics de l’Eire* gaélique trônaient l’omelette et le sorbet. Sur beaucoup de menus européens s’étaient imposés les saint-honorés*, les moelleuses profiteroles, la raclette ou les papillotes. Quant à la béchamel, elle avait nappé plus d’un lexique! Et les Bulgares avaient fait mainmise sur notre polygone pour désigner l’estomac!
De même, nos us et coutumes, quelque saugrenus qu’on les qualifiât, avaient légué les rendez-vous et les prêts-à-porter, les tête-à-tête et les vis-à-vis, les laisser-faire et les laissez-passer…
« Voilà, conclut France, comment cet invraisemblable atelier muséal qu’est l’Europe protège notre langue ! »
* On acceptera Éire ou Eire.
* On acceptera des saint-honoré ou des saint-honorés.
© Texte établi par Line Sommant
À la recherche des mots envolés
Quelle mission atypique, France, rescapée à demi indemne d’un périple au Kazakhstan, s’était-elle vu confier ! Son rédacteur en chef l’avait chargée d’enquêter sur l’exil des mots français. Lesquels avaient essaimé de-ci de-là en Europe et ailleurs? Sans son équipe, elle s’était lancée dans cette mission inopinée et, quoique cette odyssée de polyglotte l’enthousiasmât in petto, elle dut user de son savoir-faire pour débusquer objectivement ces hoirs de notre langue.De l’époque moyenâgeuse à l’ère du Roi-Soleil, des Lumières au belliqueux Napoléon, l’histoire française avait provoqué, dans d’autres contrées, des coups de foudre sociolinguistiques uniques. Ici, des bouquets de mots avaient batifolé, puis s’étaient immiscés comme des plants qui se seraient enracinés et auraient crû tels quels. Là, des pays s’étaient fait fort d’assaisonner leurs étymologies à la mode des lieux, cachet oblige !
Ainsi, dans les restaurants chics de l’Eire* gaélique trônaient l’omelette et le sorbet. Sur beaucoup de menus européens s’étaient imposés les saint-honorés*, les moelleuses profiteroles, la raclette ou les papillotes. Quant à la béchamel, elle avait nappé plus d’un lexique! Et les Bulgares avaient fait mainmise sur notre polygone pour désigner l’estomac!
De même, nos us et coutumes, quelque saugrenus qu’on les qualifiât, avaient légué les rendez-vous et les prêts-à-porter, les tête-à-tête et les vis-à-vis, les laisser-faire et les laissez-passer…
« Voilà, conclut France, comment cet invraisemblable atelier muséal qu’est l’Europe protège notre langue ! »
* On acceptera Éire ou Eire.
* On acceptera des saint-honoré ou des saint-honorés.
© Texte établi par Line Sommant








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